Retrouver nos ancêtres civils pendant la Première Guerre Mondiale

A l’approche des commémorations du Centenaire de la Grande Guerre, nous sommes nombreux à vouloir retracer le parcours de nos ancêtres militaires. Mais il peut être intéressant de retracer également la vie de nos ancêtres civils pendant ce conflit.

En effet, même loin du front, la vie des civils a été profondément marquée par la Première Guerre Mondiale : certains ont dû fuir leur village, d’autres ont supporté l’occupation et les bombardements, et la grande majorité des personnes qui ont vécu la guerre ont vu leur quotidien changer du tout au tout.

J’ai effectué jusqu’ici beaucoup de recherches pour retracer le parcours de mes arrières-grands-pères au front. Et depuis peu, j’ai eu envie de retracer également le parcours de mes arrières-grands-mères et de mes arrières-arrières-grands-parents. En effet, ceux-ci vivaient dans des zones qui ont été durement touchées par les combats : la Lorraine, la Champagne et la Picardie.

Voici les principales sources de renseignement que j’ai trouvées pour les différentes situations dans lesquelles nos ancêtres ont pu se retrouver.

Les populations évacuées

Souvent, la meilleure façon de savoir si nos ancêtres ont quitté leur région pendant la guerre, c’est tout d’abord d’interroger la mémoire familiale. En effet, bien que la majorité des témoins directs de cette époque soient aujourd’hui disparus, les histoires d’exode ont pu être transmises au fil des générations. Il ne faut donc pas hésiter à interroger sa famille : le moindre souvenir peut fournir une piste de recherche pour savoir où nos ancêtres ont vécu cette période.

A la mémoire familiale, il faut ajouter les souvenirs de famille, et notamment les cartes postales qui étaient très courantes à cette époque et peuvent constituer un allié de choix. J’ai par exemple pu reconstituer une partie du parcours de l’une de mes arrières-grands-mères entre sa Meuse natale, Clermont-Ferrand et Paris, au fil des cartes postales qu’elle a reçues.

La presse d’époque peut également être une ressource très utile pour découvrir retrouver la trace d’ancêtres réfugiés.

Certains journaux ont même été créés spécialement à l’époque à destination des réfugiés de certaines régions. Leur but était de « centraliser toutes les adresses des réfugiés ou évacués et de leur procurer le moyen de retrouver les leurs » (source : Bulletin Meusien n°1 du 5 nov. 1914). On peut citer entre autres : le Bulletin Meusien et le Bulletin des Réfugiés du département du Nord, tous deux consultables sur Gallica.

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Le Bulletin Meusien (source : Gallica)

On peut donc retrouver dans ces journaux des listes d’adresses de réfugiés et de rapatriés, ainsi que des avis de recherche de personnes restées dans les zones de conflit, qui permettent d’avoir une idée de l’endroit où se trouvaient nos ancêtres.

Pour voir un exemple concret de recherche dans les listes de réfugiés du Bulletin de la Meuse, vous pouvez consulter l’article de Benoît Petit sur Gallica et la presse ancienne.

La vie dans les régions occupées

Pour nos ancêtres qui ont choisi de rester dans les régions occupées, les journaux d’époques peuvent également être une source d’informations très intéressante.

En effet, la presse locale fournit beaucoup d’informations sur les bombardements et sur la vie dans les villages qui ont subi l’occupation. On y apprend également comment étaient les conditions de vie dans les régions de nos ancêtres (qu’elles soient occupées ou non) : hausse du prix de la nourriture, etc.

A noter que dans les éditions du Bulletin Meusien datant de la fin de la Guerre (décembre 1918), on trouve une série d’articles nommés « Après le départ des boches – Ce que sont devenus nos villages libérés ». Ces articles dressent un état des lieux, parfois très détaillé, des destructions subies par un grand nombre de villages meusiens.

Une autre source d’information qui peut permettre d’en savoir plus sur la vie de nos ancêtres pendant le conflit, c’est de rechercher des témoignages d’autres habitants de leur ville ou village. A ce sujet, on peut citer le témoignage passionnant d’une jeune fille ayant vécu la Guerre à Reims, publié par Céline sur son blog.

Les témoignages de ce genre vont certainement devenir plus accessibles grâce à la Grande Collecte organisée dans toute la France, et la mise en ligne des documents collectés sur Europeana.

Les Archives Départementales conservent également des documents qui peuvent être intéressants pour connaître les dommages subis par une commune pendant la Guerre. Ces documents peuvent généralement être consultés dans la série R des archives, dans les sous-séries « Occupations par les armées ennemies » et « Dommages de guerre ».

Il est également possible de retrouver des archives concernant les victimes de bombardements au Bureau des Archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen.

Les travailleurs temporaires

Pendant la Première Guerre Mondiale, les activités de beaucoup de personnes ont changé, en particulier pour les femmes. En effet, il fallait remplacer les hommes partis au front, mais la guerre générait également une nouvelle demande de travailleurs dans les industries de l’armement.

Les fonds du Centre des Archives de l’Armement et du Personnel de Châtellerault permettent de savoir si nos ancêtres ont été embauchés comme travailleurs temporaires dans les usines françaises en charge de l’industrie de l’armement (poudreries, usines d’artillerie, constructions navales, etc).

Ce centre dispose d’une base de données nominative (consultable sur place) dans laquelle on peut retrouver les dossiers de 240 000 personnes nées entre 1849 et 1904 et susceptibles d’avoir travaillé pour l’armement pendant la Première Guerre Mondiale. En effet, dès le début du XXème siècle, un dossier individuel a été constitué pour chaque personne ayant travaillé dans l’armement. Pour les travailleurs temporaires, il faut s’attendre à ce que ce dossier soit très succinct, mais il permettra néanmoins de savoir où une personne a travaillé et à quel moment.

Pour nos ancêtres réfugiés, les journaux peuvent encore constituer une source d’information intéressante. En effet, loin de chez eux les réfugiés devaient trouver un moyen de gagner leur vie. Il peut donc être intéressant de consulter les rubriques « Offres d’emplois » des journaux. Celles-ci permettront dans un premier temps de se faire une idée des types d’emplois auxquels les réfugiés pouvaient aspirer.

Dans certains cas, les rubriques « Offres d’emplois » des journaux comportent également des demandes d’emploi qui sont parfois nominatives. Cela constitue une petite chance supplémentaire d’en savoir plus sur la vie de nos ancêtres pendant cette période !

Bulletin meusien - Demandes emploi

Exemple de demandes d’emploi – Le Bulletin Meusien (source : Gallica)

Voici les ressources principales que j’ai trouvées pour retracer le parcours de nos ancêtres civils pendant la Première Guerre Mondiale. J’espère qu’elles vous seront utiles pour vos recherches.

Et vous, avez-vous déjà essayé de retracer le parcours de votre ancêtres civils pendant la guerre ? Avez-vous découvert d’autres ressources pour en savoir plus sur leur parcours ?

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