26 questions pour écrire la vie d’un ancêtre – Partie 1

Durant tout le mois de juin, pour ma participation au Challenge AZ, j’ai choisi d’écrire la vie de mon ancêtre Louis-Philippe Grandsire en répondant à 26 questions.

Louis-Philippe Grandsire est né à Caudebec-en-Caux, en Seine-Maritime, en 1791 et décédé dans cette même ville en 1862. Cet ancêtre est, de base, le plus « invisible » de ma lignée Grandsire : aucun fait de sa vie ne l’a fait se distinguer au cours de mes recherches et c’est l’ancêtre de cette lignée que je connais le moins bien.

Dans cette première partie, nous aborderons son enfance, et en particulier la période de 1791 à 1803, en 6 questions.

1. Où a-t-il vécu les premières Années de sa vie ?

Louis-Philippe Grandsire est né et a passé toute son enfance à Caudebec-en-Caux, sur les bords de Seine. A cette époque, Caudebec était une petite ville de 3000 habitants, sur le déclin.

Sous l’ancien régime Caudebec avait en effet été une ville d’une certaine importance avec une industrie chapelière prospère (on y confectionnait un chapeau de feutre noir nommé « caudebec » qui fut beaucoup porté par les Huguenots) et de nombreuses tanneries. D’autre part, elle était le siège du Grand Baillage de Caux. Caudebec était donc pourvue, à cette époque, d’un tribunal, de prisons et d’un gibet.

Caudebec-en-Caux sur la carte de Cassini (source : Gallica)

Caudebec-en-Caux sur la carte de Cassini (source : Gallica)

Pendant l’enfance de Louis-Philippe, l’importance (et la population) de Caudebec commençait à décroître au profit de sa voisine, Yvetot. La chapellerie y avait disparu et les tanneries étaient beaucoup moins nombreuses. Caudebec était toutefois toujours un port important sur la Seine, notamment pour le transport du grain à destination de Rouen et de Paris.

(Sources : Esquisse de l’histoire de Caudebec en Caux et de sa région, par Gustave Valmont, sur Gallica)

2. Quelles ont été les circonstances de son Baptême ?

Louis-Philippe Grandsire est né le 28 avril 1791, et a été baptisé dès le lendemain par le curé de l’unique paroisse de Caudebec-en-Caux. Il a ainsi été baptisé dans la magnifique église Notre-Dame de Caudebec, qualifiée par Henri IV comme « plus belle chapelle de [son] royaume ». Il a donc probablement été porté sur les fonts baptismaux en bois sculpté qui sont toujours visibles aujourd’hui dans cette église.

Eglise Notre-Dame de Caudebec et fonts baptismaux en bois sculpté

Eglise Notre-Dame de Caudebec et fonts baptismaux en bois sculpté

Son parrain a été Philippe Lemire, son oncle paternel par alliance, certainement assez proche de sa famille puisqu’il a été témoin lors de divers évènements concernant ses parents. Sa marraine était sa grand-mère paternelle, Madeleine Conihout, alors âgée d’environ 55 ans.

(Sources : registres d’état civil de la commune de Caudebec-en-Caux, AD76)

3. Quelles étaient les Conditions de vie de ses parents ?

Au moment de la naissance de Louis-Philippe, ses parents, Jean Louis Gabriel Grandsire et Marie Madeleine Gagnère étaient mariés depuis 4 ans, et avaient déjà une fille, Charlotte Madeleine, née en 1788 (moins de 5 mois après leur mariage). Tous les deux étaient nés à Caudebec-en-Caux et y avaient passé leur enfance.

Les parents de Louis-Philippe étaient certainement de condition assez pauvre. Son père était journalier, et fils de journaliers. Sa mère, quant à elle, n’avait pas de profession officielle, et était la fille d’un journalier arrivé du Forez quelques décennies plus tôt. Toutefois, nous ne disposons que de peu d’éléments pour estimer plus précisément leur niveau de vie à cette époque.

(Sources : registres d’état civil de la commune de Caudebec-en-Caux, AD76)

4. A-t-il connu des Deuils dans son enfance ?

L’enfance de Louis-Philippe Grandsire a été marquée par le décès de son père, alors qu’il n’avait que 3 ans. Même s’il était certainement encore trop jeune pour comprendre et se souvenir de ces évènements, la mémoire familiale a dû être fortement marquée par les circonstances tragiques de ce décès.

Son père s’est en effet noyé dans la Seine en tombant depuis un quai de Caudebec, en été 1794. Son corps n’a été retrouvé que 3 jours plus tard, flottant en face du hameau de la Roquette, en aval sur la Seine.

Distance de Caudebec au hameau de la Roquette sur la Seine

Parcours de Caudebec au hameau de la Roquette sur la Seine

Pour sa famille, et en particulier pour la mère de Louis-Philippe qui était alors enceinte de leur troisième enfant, l’attente a dû paraître interminable. Même si son décès ne laissait sûrement aucun doute, il était, à cette époque, très important de pouvoir retrouver le corps du noyé et lui offrir une sépulture.

(Sources : registres d’état civil des communes de Caudebec-en-Caux et Saint-Arnoult, AD76)

5. Quels Evènements nationaux ou locaux a-t-il pu connaître dans son enfance ?

Louis-Philippe Grandsire est né au cours d’une période agitée puisqu’il est né en 1791. C’est justement à partir de cette année-là que les premiers troubles se déclarent à Caudebec. Ils s’aggravent même au cours de l’année suivante, avec l’apparition de bandes de brigands qui parcourent la région. Caudebec subit les troubles de la Terreur comme de nombreuses autres villes de France. Mais la question de la subsistance est ici particulièrement marquée, car la ville constitue depuis longtemps un point de passage pour le transport du grain sur la Seine, à destination de Rouen et de Paris.

Toutefois, mon ancêtre n’a pas dû garder beaucoup de souvenirs de cette période, et il aura peut-être été plus marqué par des évènements plus festifs tels que la venue du Premier Consul à Caudebec en l’an XI.

(Sources : Esquisse de l’histoire de Caudebec en Caux et de sa région, par Gustave Valmont, sur Gallica)

6. Quels membres de sa Famille a-t-il connus ?

Louis-Philippe Grandsire a certainement connu ses grands-parents paternels qui sont tous les deux décédés alors qu’il avait une dizaine d’années. D’autre part, les témoins présents lors des différents évènements concernant sa famille montrent qu’il avait conservé des liens avec sa famille paternelle, en dépit du décès prématuré de son père. L’absence de recensements à cette époque ne nous permet pas de savoir s’il vivait près de ses grands-parents ou des autres membres de sa famille.

Il n’a, par contre, pas connu ses grands-parents maternels, décédés quelques années avant sa naissance. Les membres de sa famille maternelle n’apparaissent pas comme témoins au cours de sa vie. Par ailleurs, j’ai perdu la trace de ses oncle et tante maternels lors de mes recherches, ce qui me pousse à croire qu’ils n’habitaient plus à Caudebec pendant l’enfance de Louis-Philippe.

(Sources : registres d’état civil de la commune de Caudebec-en-Caux, AD76)

Lire l’article suivant (partie 2)

Elise



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.