Retrouver un infirmier militaire ou un soldat blessé pendant la Grande Guerre

ambulance-grande-guerreMon arrière-grand-père, Henri Lenoble, a été mobilisé comme infirmier militaire à la 6ème Section d’Infirmiers Militaires pendant toute la durée de la Première Guerre Mondiale. De plus, en début d’année 1915, il a été hospitalisé pendant quelques semaines, des suites de la fièvre typhoïde.

Il a ainsi connu les deux versants du Service de Santé des Armées pendant la Grande Guerre : d’une part comme infirmier militaire et d’autre part comme patient.

Pour retracer son parcours pendant la guerre, j’ai donc été amenée à me renseigner sur le fonctionnement du Service de Santé pendant la guerre. Puis j’ai poursuivi mes recherches avec deux pistes principales afin d’en savoir un peu plus sur son parcours :

  • me renseigner sur son affectation à la 6ème Section d’Infirmiers Militaires et retrouver les formations sanitaires dans lesquelles il a servi ;
  • contacter le Service des Archives Médicales Hospitalières des Armées (S.A.M.H.A.) pour obtenir une copie des pièces médicales concernant son hospitalisation.

Le fonctionnement du Service de Santé pendant la Grande Guerre

Au tout début de la guerre, le Service de Santé est assez mal organisé. Son fonctionnement consiste à « emballer, étiqueter et évacuer » les blessés : les blessés jugés transportables sont envoyés loin du front pour être traités, après que leur blessure ait été emballée. Mais beaucoup ne supportent pas le trajet et meurent en route. Par ailleurs, les postes de secours proches du front manquent de moyens pour secourir les blessés qui ne peuvent pas être transportés.

Assez rapidement, le système change. Désormais, les blessés sont triés dans les postes de secours : ceux qui nécessitent un traitement urgent sont opérés dans des ambulances proches du front, ceux qui peuvent attendre sont envoyés dans des hôpitaux d’évacuation plus ou moins loin du front. De là, s’opère généralement un nouveau tri : les blessés qui vont mettre du temps à guérir sont envoyés dans des hôpitaux de la zone de l’intérieur ou des centres de rééducation et ceux qui peuvent repartir rapidement au front restent dans les hôpitaux de la zone des armées.

Voici un schéma simplifié de l’évacuation des blessés du front vers les différentes formations sanitaires (pour voir un schéma un peu plus complet, sur le site de l’Académie d’Amiens, cliquez ici).

Schéma simplifié du Service de Santé pendant la Grande Guerre

Schéma simplifié du Service de Santé pendant la Grande Guerre

A l’occasion du Centenaire de la Grande Guerre, l’ECPAD (agence d’images de la Défense) a publié 3 vidéos très intéressantes qui permettent de visualiser le fonctionnement du Service de Santé à l’aide d’images d’archives (à consulter en cliquant sur ce lien).

Côté infirmier : recherches sur la 6ème Section d’Infirmiers Militaires

Pour retracer le parcours d’un soldat, il est souvent utile de s’intéresser à l’historique de son régiment, ou aux Journaux des Marches et Opérations. Mais ces recherches ne sont pas possibles pour les Sections d’Infirmiers Militaires.

Les Sections d’Infirmiers Militaires sont en effet des dépôts à partir desquels les infirmiers pouvaient être affectés dans différentes formations sanitaires (hôpitaux ou ambulances). La 6ème Section d’Infirmiers Militaires, où était affecté mon arrière-grand-père, couvrait par exemple une grand partie du Nord-Est de la France.

Pour trouver l’affectation d’un infirmier militaire, il faut donc chercher des indices dans toutes les sources possibles.

J’ai ainsi pu retrouver deux des hôpitaux dans lesquels mon arrière-grand-père a été affecté comme caporal-infirmier :

  • une mention dans le Bulletin Meusien (sur Gallica) m’a appris qu’il était affecté à l’Hôpital Temporaire n°4 de Saint-Memmie (Marne) à l’été 1915 ;
  • les listes de prisonniers de la Croix-Rouge m’ont appris qu’il était affecté à l’Hôpital d’évacuation de Mont-Notre-Dame (Aisne), quand il a été fait prisonnier en mai 1918.

Etant situés dans la zone des armées, il s’agissait certainement dans les deux cas d’hôpitaux d’évacuation de premier rang, qui accueillaient de nombreux blessés nécessitant d’être soignés rapidement.

Il existe des Journaux de Marches et Opérations pour les formations sanitaires. Ceux-ci sont conservés par le Musée du Service de Santé des Armées, au Val-de-Grâce. Toutefois, ils n’ont pas été numérisés et ne sont pas consultables sur le site Mémoire des Hommes, contrairement à la majorité des journaux d’unités. Si je veux en savoir plus sur le quotidien de mon arrière-grand-père dans ces hôpitaux, il me faudra donc me rendre au Centre de Documentation du Musée.

Côté patient : le Service des Archives Médicales Hospitalières des Armées (SAMHA)

Pour compléter le parcours de mon arrière-grand-père, je me suis également penchée sur sa période d’hospitalisation.

Les archives médicales hospitalières de l’armée sont conservées à Limoges par le SAMHA. Elles ne peuvent pas être consultées sur place, mais il est possible de contacter les archives pour faire une demande de recherche. Pour cela il faut envoyer une copie de la fiche matricule de notre ancêtre et fournir les informations les plus précises possibles sur sa blessure ou sa maladie : la date et le lieu de sa blessure, la formation sanitaire qui l’a soigné et le régiment auquel il était affecté à ce moment-là.

Sachant que mon arrière-grand-père avait été soigné à Saint-Jean-de-Luz vers février 1915, j’ai contacté le SAMHA afin d’obtenir une copie de son dossier médical.

Quelques semaines plus tard, j’ai reçu, par la poste, une copie des pièces médicales concernant mon arrière-grand-père : une copie de la page du registre de l’Hôpital Temporaire de Saint-Jean-de-Luz où il est mentionné, et une feuille d’observations concernant son passage à l’hôpital.

Mon arrière-grand-père avait attrapé la fièvre typhoïde. Il a été admis à l’Hôpital Temporaire de Saint-Jean-de-Luz le 17 février 1915. En plus de la fièvre typhoïde, il souffrait d’entérite chronique, d’amaigrissement et d’une grande faiblesse. Sa feuille d’observations m’apprend enfin qu’il était déjà affecté à l’Hôpital Temporaire n°4 de Saint-Memmie en février 1915.

D’après sa localisation, l’Hôpital Temporaire de Saint-Jean-de-Luz recevait certainement principalement des patients dont la convalescence devait être longue (plus de 2 semaines). Henri y est resté hospitalisé pendant un peu plus d’un mois, jusqu’au 26 mars 1915. Sa feuille d’observations mentionne alors qu’il est guéri et qu’il peut reprendre son service.

Et vous, avez-vous des ancêtres qui ont eu affaire au Service de Santé des Armées pendant la Première Guerre Mondiale ? Avez-vous pu retracer leur parcours ?

Elise



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