Le dessous des cartes de Cassini

La carte de Cassini est une ressource incontournable pour les généalogistes pour mieux connaître le territoire de nos ancêtres ou pour retrouver un lieu-dit.

Elle a en effet été la première carte globale de la France qui donne une représentation aussi précise de son territoire. Sa réalisation a été une entreprise gigantesque qui a duré plus de 70 ans au cours du 18ème siècle.

La carte de Cassini a été commencée dans les années 1740 suite à une demande du Roi Louis XV qui voulait une carte de tout son royaume. Selon César-François Cassini, le but de cette carte était d’une part, pour le roi, de bien connaître son royaume, et d’autre part, pour les habitants de connaître les lieux où leur commerce pouvait les conduire.

Le but de Cassini c’était de réaliser une carte dont tous les points seraient issus de mesures trigonométriques ou bien de relevés sur le terrain. Contrairement aux cartes existantes qui étaient généralement réalisées à partir de quelques relevés astronomiques et de beaucoup d’estimations de distances. Pour réaliser cette carte, il a donc dû faire appel à de nombreux ingénieurs et géomètres qui ont sillonné la France pour faire des relevés.

Initialement, il prévoyait que chaque ingénieur fasse le plus de relevés possibles pendant des campagnes de 6 mois. Mais dans la pratique, les ingénieurs étaient très peu expérimentés, et leurs premières campagnes ont donc été très peu efficaces. Ils ont de plus connu de nombreuses difficultés : des chutes d’instruments, des maladies, une météo peu favorable aux observations, et même des insultes et des oppositions de la part des habitants.

En 1756, seules deux cartes étaient terminées : celle de Paris et celle de Beauvais. Et les dernières cartes, qui représentaient le Finistère, n’ont été publiées que vers 1815.

Paris sur la Carte de Cassini (source : Gallica / BNF)

Paris sur la Carte de Cassini (source : Gallica / BNF)

Quand ils arrivaient dans un nouveau lieu, les ingénieurs devaient cartographier tout ce qu’ils voyaient. Puis ils montaient dans le clocher, avec le curé ou avec un seigneur local, qui leur donnait les noms de tous les hameaux ou lieux d’intérêt visibles depuis le clocher. Le problème c’est que les seigneurs faisaient parfois de petits arrangements avec la réalité quand ils devaient nommer les lieux. Parfois, ils ont inventé des noms pour des lieux qui n’en avaient pas, ou alors ils ont regroupé plusieurs lieux sous un même nom.

L’idée de Cassini, c’était de cartographier tout ce qui était immuable sur le territoire de la France : donc en particulier, les clochers, les constructions importantes et les points culminants. A cela il ajoutait tous les lieux utiles comme les hameaux, les ponts, les moulins, les piliers de justice, etc. Les lieux considérés comme changeants n’étaient pas toujours représentés. C’était le cas par exemple pour les ruisseaux ou les chemins dont le tracé pouvait changer en fonction des intempéries.

Les cartes de Cassini peuvent donc être particulièrement utiles pour retrouver un village ou un hameau, ou bien pour situer le moulin de nos ancêtres. Le tracé des voies de communication est à prendre avec plus de précaution. D’autant plus qu’à la même époque, Trudaine réalisait de nombreux travaux sur les routes, qui ont mené à la construction de nouveaux axes routiers. Ces nouveaux axes ne figurent généralement pas sur les cartes de Cassini.

Il existe plusieurs sites internet qui permettent de consulter les cartes de Cassini. Entre autres

  • le Géoportail de l’IGN qui permet de localiser facilement un lieu puis de comparer les cartes anciennes aux cartes actuelles ;
  • le site Gallica qui propose une très belle version de la carte de Cassini numérisées en haute définition et qui permet donc de bien voir tous les détails de la carte.

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Elise



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