Retrouver des cousins grâce à l’ADN

Lorsque nous recevons les résultats d’un test ADN, nous pouvons vite nous retrouver submergés par le grand nombre de cousins par l’ADN. Ces cousinages sont habituellement appelés des correspondances ADN.

Le problème, c’est que celles-ci sont exprimées en centimorgans (cM) ou en pourcentages. Et les liens de parentés possibles donnés par les sociétés d’ADN (comme MyHeritage ou FamilyTreeDNA) sont généralement assez larges. C’est pourquoi il est souvent compliqué de déterminer notre lien de parenté exact avec ces cousins.

Pourtant, l’analyse des correspondances ADN est la partie la plus passionnante de la généalogie génétique. Elle permet, entre autres :

  • de déterminer nos cousinages exacts avec nos correspondances ADN ;
  • de retrouver les ancêtres communs avec nos cousins ;
  • de résoudre des mystères familiaux (en retrouvant l’identité d’un ancêtre inconnu, par exemple).

Aujourd’hui, je vous propose donc de découvrir un outil pour mieux comprendre vos correspondances ADN et pouvoir déterminer votre lien de parenté. Cet outil, c’est le Shared cM Project.

A quoi correspondent les pourcentages d’ADN ?

Son but, c’est de pouvoir estimer la relation possible avec une correspondance, en fonction de la quantité d’ADN partagée. Cette quantité d’ADN peut être exprimée en pourcentages, mais le plus souvent, elle est exprimée en centimorgans (cM).

Il s’agit d’un projet qui a été lancé par des généalogistes génétiques anglophones. Ils ont recueilli un grand nombre de données pour déterminer à quel lien de parenté pouvait correspondre chaque quantité d’ADN partagé. Ils ont ensuite mis en forme les résultats dans cet outil qui permet d’afficher dans un tableau les différentes relations possibles à partir de l’ADN partagé.

Tableau donnant les quantités d'ADN partagé (en centimorgans), en fonction du lien de parenté

Le tableau permet ainsi de repérer les quantités d’ADN partagé (en centimorgans) correspondant à un grand nombre de liens de parenté. Dans chaque case, on retrouve ainsi le nom du lien de parenté (en anglais), suivi du nombre de centimorgans partagé en moyenne, puis de la plage des résultats les plus probables (99 % des résultats se trouvent dans cet intervalle).

ADN partagé (en centimorgans) pour un cousin germain

Deux cousins germains partageront donc en moyenne 866 cM d’ADN. 99 % des résultats qui été observés entre deux cousins germains était entre 396 cM et 1397 cM.

Exemple d’utilisation du Shared cM Project

L’avantage de cet outil est qu’il est dynamique. Par exemple, si vous partagez 250 centimorgans (cM) d’ADN avec une cousine, vous pouvez indiquer ce nombre de centimorgans dans la case au-dessus du tableau. Cela vous affichera d’abord la liste des relations possibles avec leurs probabilités.

Ainsi, avec 250 cM d’ADN partagé, les probabilités seront de :

  • 62 % qu’il s’agisse d’une demi arrière-grande-tante, ou d’une cousine issue de germain, ou de la fille d’un demi-cousin, etc.
  • 25 % qu’il s’agisse de l’arrière-petite-fille d’un cousin, ou d’une demi cousine issue de germain, etc.
  • 12 % qu’il s’agisse d’une arrière-grande-tante, ou d’une demi grande-tante, etc.

Et les liens de parentés possibles seront également affichés en surbrillance dans le tableau.

Exemple de résultats pour 250 cM d'ADN partagé

Exemple de résultats pour 250 cM d’ADN partagé

Cela vous permettra donc de déterminer visuellement quels peuvent être les liens de parenté par rapport à vous (la case « SELF » au milieu du tableau).

Les liens de parenté sont donnés avec des abréviations en anglais mais la disposition et les couleurs des cases permettent de repérer où peut se situer l’ancêtre commun (en gris-bleu il s’agit d’un descendant de nos parents, en vert de nos grands-parents, en orange de nos arrière-grands-parents, etc.).

Quelques remarques :

  • les 4 colonnes de gauche du tableau sont consacrées aux demi-relations : c’est-à-dire que l’on a un seul ancêtre en commun à la génération la plus proche (comme avec un demi-frère, un demi-cousin, etc.) ;
  • la partie de droite du tableau est consacrée aux relations complètes : c’est-à-dire que l’on a un couple d’ancêtres en commun à la génération la plus proche ;
  • la colonne toute à droite (en blanc) est consacrée aux relations plus lointaines qui sont possibles, mais elles ne sont pas positionnées dans la même logique que le reste du tableau.

Ainsi, dans l’exemple ci-dessus, une cousine qui partage 250 cM d’ADN avec vous aura de grandes chances d’être, soit :

  • votre demi arrière-grand-tante (half GG-Aunt)
  • votre cousine issue de germain (2C)
  • la fille de votre demi-cousin (half 1C1R)
  • la petite-fille de votre cousin germain (1C2R)
  • l’arrière-petite fille de votre demi-frère ou sœur (half GG-Niece)
  • etc…

Remarque : pour chaque lien de parenté, la relation inverse est également possible. C’est-à-dire que vous pouvez être :

  • le demi arrière-grand-oncle / tante de cette correspondance (half GG-Aunt / Uncle)
  • son cousin(e) issu(e) de germain (2C)
  • le fils / la fille de son demi-cousin (half 1C1R)
  • le petit-fils / la petite-fille de son cousin germain (1C2R)
  • l’arrière-petit-fils / fille de son demi-frère ou sœur (half GG-Niece)
  • etc…

Aller plus loin dans les analyses

Il est ensuite possible d’affiner l’analyse si on connait l’âge de la personne et une partie de sa généalogie. Cela permet d’éliminer certains liens de parentés.

comment retrouver des cousins grâce aux quantités d'ADN partagéPar exemple, si vous connaissez avec certitude tous les descendants de vos parents et grands-parents, vous pourrez éliminer certains liens de parenté (en rouge).

De même, si cette cousine a le même âge que vous, vous pourrez en déduire qu’elle peut difficilement être de la génération de vos petits-enfants, ou de vos grands-parents (en bleu).

Mais attention : ce n’est pas parce qu’une personne a le même âge que nous qu’elle est forcément de la même génération. Par exemple, mon grand-père avait une tante qui avait à peine 2 ans de plus que lui.

Par ailleurs, plus l’ancêtre commun est lointain, plus les écarts d’âges ont eu le temps de se creuser. Ma mère, qui était enseignante en primaire, a par exemple eu un élève qui était son cousin éloigné et qui était de la même génération que ses parents.

Il faut donc également étudier les liens de parenté en prenant en compte les années de naissances des différentes générations, pour voir si des écarts d’âge importants sont possibles.

Ainsi dans l’exemple ci-dessus, les relations les plus probables seront celles avec lesquelles vous avez des arrière-grands-parents communs (cases oranges).

De plus, si vous et un autre membre de votre famille avez une correspondance avec cette même personne, il est possible de recouper les résultats pour affiner les relations possibles.

Elise



Laisser un commentaire

Chers lecteurs, chères lectrices,

J’ai toujours fait de mon mieux pour répondre à toutes les demandes d’aide postées sur ce blog.

Aujourd’hui, cela n’est plus possible, en raison du grand nombre de demandes reçues (plus d’une vingtaine par semaine).

Vous pouvez bien sûr toujours poster des commentaires ou demander une précision sur un article.

Mais je ne répondrai plus aux demandes d’aides individuelles.

Elise

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.