Reconstituer la carrière d’un ancêtre instituteur

ecole-tableauLe métier d’instituteur fait partie de ces métiers sur lesquels il est possible de retrouver de nombreuses archives. La série T des Archives Départementales, consacrée à l’enseignement et aux archives culturelles, donne en effet accès à divers documents permettant de retracer le parcours d’un instituteur, de sa scolarité jusqu’à sa fin de carrière.

J’ai profité d’un passage aux Archives Départementales de Moselle pour rechercher des archives concernant mon arrière-arrière-arrière-grand-père, Désiré Nicolas PERBAL, ayant exercé dans l’arrondissement de Briey à partir de 1860 environ.

J’ai pu retracer la carrière d’instituteur de mon ancêtre, de son entrée à l’Ecole Normale en 1858 jusqu’à l’annexion de la Moselle en 1870, grâce à 3 types de documents :

  • les archives de l’Ecole Normale ;
  • les registres du Brevet de Capacité ;
  • les archives des nominations d’instituteurs.

Les archives de l’Ecole Normale

Grâce aux archives du recrutement militaire, je sais que Désiré Nicolas PERBAL était élève à l’Ecole Normale de Metz au moment où il aurait dû être recruté par l’armée, en 1860.

Pour en savoir plus sur son parcours à l’Ecole Normale, j’ai commencé par consulter les registres-matricules des élèves. Ces registres donnent la liste, par année de sortie, de tous les élèves passés par l’Ecole Normale de Metz. J’ai ainsi découvert que mon aïeul était entré à l’école le 5 octobre 1858 et qu’il en était sorti, après les 3 années d’études du cursus, le 10 août 1861.

Avec ces informations, j’ai pu me pencher sur d’autres archives provenant de l’Ecole Normale de Metz et permettant d’en savoir un peu plus sur sa scolarité : les tableaux trimestriels des élèves-maîtres.

Tableaux trimestriels des élèves-maîtres de l'Ecole Normale de Metz (source : AD 57 - cote : 2 T 185)

Tableaux trimestriels des élèves-maîtres de l’Ecole Normale de Metz (source : AD 57 – cote : 2 T 185)

Ces tableaux, dressés pour chacun des 4 trimestres de chaque année scolaire, donnent différentes observations sur le comportement des élèves-maîtres et leurs résultats :

  • leur caractère : j’ai ainsi découvert que mon aïeul avait bon caractère et qu’il était calme, voire même « froid », selon les observations de sa 3ème année d’études ;
  • leur conduite : très bonne pour mon aïeul (et quasiment tous les autres élèves) ;
  • leurs devoirs religieux : toujours très bien ;
  • leur application : soutenue ou assez soutenue ;
  • leur aptitude : assez bien ;
  • leurs progrès : toujours satisfaisant pour Désiré Nicolas Perbal ;
  • leurs résultats aux enseignements pratiques : entre assez bien et bien.

Enfin, la colonne « Observations » permet d’avoir quelques informations supplémentaires : mon ancêtre était un « élève moyen », il avait « peu de mémoire », il était « de force médiocre », il était « honnête » mais avait des « façons un peu rudes ».

Les registres du Brevet de Capacité

A la fin de ses études à l’Ecole Normale de Metz, Désiré Nicolas PERBAL a passé son brevet de capacité. Les Archives Départementales de la Moselle détiennent (toujours dans la série T), les registres des candidats ayant obtenu le brevet de capacité. Les noms sont donnés par session et par ordre de mérite.

J’ai ainsi appris que Désiré Nicolas PERBAL avait passé son brevet de capacité élémentaire le 10 octobre 1861, deux mois après être sorti de l’Ecole Normale, et qu’il s’est classé 4ème de sa session, ce qui semble plutôt bien pour un élève qualifié de « moyen » tout au long de sa scolarité.

Par ailleurs, ces archives ne concernent pas uniquement les élèves sortant de l’Ecole Normale. Il n’était en effet pas obligatoire d’avoir fait l’Ecole Normale pour être candidat au Brevet de Capacité et donc pour devenir instituteur. Dans le même registre, j’ai donc retrouvé la trace du frère d’un autre de mes ancêtres qui a passé son brevet de capacité élémentaire en mai 1860 et est devenu instituteur, sans avoir été admis à l’Ecole Normale.

Les nominations d’instituteurs

La série T regroupe de nombreuses archives permettant de retracer le parcours d’un ancêtre instituteur après l’obtention de son brevet de capacité. Je me suis penchée en particulier sur les archives des nominations d’instituteurs.

Ces archives sont constituées d’un mélange de lettres et de tableaux enregistrant les changements d’affectation des instituteurs d’un département. Ce sont des archives particulièrement intéressantes pour savoir quand un instituteur a changé de village, mais surtout pour savoir pourquoi il a été muté.

Les raisons de mutations évoquées sont diverses : c’est parfois l’instituteur lui-même qui est à l’origine de la demande de mutation, pour raisons de famille (l’instituteur veut se rapprocher de sa famille) ou de santé (les locaux de l’école sont en trop mauvais état). Mais parfois, c’est le maire de la commune qui demande à ce que l’instituteur soit muté (souvent pour des raisons de conduite, et parfois à cause d’une mauvaise entente avec le maire, ou le curé du village).

J’ai ainsi retrouvé les différentes affectations de mon aïeul entre 1865 et 1870 :

  • le 27 octobre 1865, il est nommé à Abbéville-lès-Conflans. Il était en effet auparavant en poste à Guélange, et il vient de se marier, mais « il ne peut s’installer avec sa femme à Guélange, où le local est trop exigu et très mal sain ».
  • le 18 février 1867, il est nommé à Vaux (annexe de Cosnes), en remplacement du précédent instituteur, décédé.
  • le 15 octobre 1868, il est nommé à Gondrecourt en remplacement du précédent instituteur, parti à la retraite.

Les archives de nominations conservées par les Archives de la Moselle s’arrêtent là concernant mon aïeul (à partir de 1870, l’arrondissement de Briey où il exerçait a été rattaché à la Meurthe-et-Moselle, suite à l’annexion d’une grande partie de la Moselle). Il me faudra donc poursuivre les recherches en Meurthe-et-Moselle, mais je sais, grâce à l’état civil, qu’il est resté à Gondrecourt jusque vers 1877, époque à laquelle il a obtenu un poste d’instituteur à Boismont, le village d’origine de son épouse. C’est là qu’il a exercé jusqu’à sa retraite, vers 1900.

La série T, une série à explorer

Grâce à ces archives, j’en sais désormais beaucoup plus sur le parcours de Désiré Nicolas PERBAL comme élève-maître, puis comme instituteur, et j’ai pu compléter sa ligne de vie (que vous pouvez consulter en cliquant sur ce lien).

La série T est une série très riche, et je suis loin d’avoir fait le tour des archives conservées aux Archives Départementales de la Moselle.

De nouvelles recherches aux Archives Départementales de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle me permettront de retrouver d’autres éléments du parcours de mon ancêtre, mais aussi d’en savoir plus sur les écoles dans lesquelles il a exercé (leur bâtiment, le matériel disponible, etc.), afin d’éclairer le quotidien de mon ancêtre.

Par ailleurs, le contenu de la série T peut être très variable suivant les départements et je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans les inventaires d’archives afin de vous faire une idée de ce que vous pourrez y trouver.

Et vous, avez-vous déjà fait des recherches sur le parcours de vos ancêtres instituteurs ? Quelles informations avez-vous découvert ?

Elise



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