Retrouver un ancien instituteur dans les archives de l’enseignement
Dans cet article, nous allons voir comment retrouver un ancien instituteur ou un ancien enseignant de notre généalogie.
Pour cela, nous allons utiliser différents registres issus des archives de l’enseignement :
- les archives des écoles normales
- les fonds de l’inspection académique
- les registres des brevets de capacité
- les archives des écoles primaires communales
Nous verrons également les autres fonds permettant de retrouver un ancien instituteur : annuaires administratifs, délibérations municipales, presse ancienne, etc.
Sommaire
Où retrouver les archives des instituteurs ?
Pour retrouver un ancêtre instituteur, il faut se rendre aux Archives départementales et consulter la série T, qui est consacrée aux archives de l’enseignement et aux archives culturelles.
Au sein de la série T, il y a 3 fonds d’archives particulièrement utiles pour retracer le parcours d’un instituteur :
- les archives de l’école normale,
- les fonds de l’inspection académique,
- les registres des brevets de capacité.
On pourra également retrouver des informations dans les archives des écoles primaires communales, qu’on peut retrouver :
- soit aux Archives départementales, en série E-dépôt,
- soit aux Archives municipales de la commune.
Enfin, on pourra consulter d’autres archives pour retrouver un ancêtre instituteur : les délibérations municipales, la presse ancienne, les annuaires administratifs, etc.
Archives des écoles normales
Ecoles normales
Les écoles normales primaires (ou plus simplement, écoles normales) étaient les établissements en charge de former nos ancêtres instituteurs et institutrices.
La toute première école a été créée en 1794, mais ce n’est qu’à partir de 1830 que les écoles normales vont commencer à se développer dans les différents départements de France.
Dans les archives de ces écoles, conservées aux archives départementales en série T, on pourra retrouver différents registres concernant nos ancêtres instituteurs, notamment :
- les registres matricules des élèves-maîtres,
- les tableaux trimestriels des élèves-maîtres.
Registres matricules des élèves-maîtres
Les registres matricules des élèves-maîtres nous donnent la liste, par année de sortie, de tous les élèves passés par l’école normale.
Ces registres permettent de retrouver :
- les dates d’entrée et de sortie de l’école normale d’un enseignant,
- la date et la nature du diplôme obtenu : brevet élémentaire ou brevet supérieur,
- le type de bourse de l’élève-maître : boursier de l’Etat ou boursier du département,
- sa position pendant son engagement décennal (qui permettait d’être dispensé d’une partie du service militaire),
- des observations diverses : « décédé », « est passé sous-inspecteur primaire », etc.
Par exemple, je savais que mon ancêtre Désiré Nicolas Perbal avait été élève à l’Ecole Normale de Metz vers 1860, mais j’ignorais en quelle année précise il y était entré.
Grâce aux registres matricules des élèves-maîtres, j’ai découvert qu’il y était entré le 5 octobre 1858 et qu’il en était sorti, après les 3 années d’études du cursus, le 10 août 1861.
Tableaux trimestriels des élèves-maîtres
Les tableaux trimestriels des élèves-maîtres, dressés pour chacun des quatre trimestres de chaque année scolaire, nous donnent des informations sur le comportement des élèves-maîtres et leurs résultats.
On y retrouve généralement :
- leur caractère : j’ai ainsi découvert que mon aïeul Désiré Nicolas PERBAL avait bon caractère et qu’il était calme, voire « froid », selon les observations de sa 3ème année d’études,
- leur conduite : très bonne pour mon aïeul (et quasiment pour tous les autres élèves),
- leurs devoirs religieux : toujours très bien,
- leur application : soutenue ou assez soutenue,
- leur aptitude : assez bien,
- leurs progrès : toujours satisfaisant pour Désiré Nicolas Perbal,
- leurs résultats aux enseignements pratiques : entre assez bien et bien.
Enfin, la colonne « Observations » permet de retrouver des informations supplémentaires sur nos ancêtres.
Par exemple, j’y ai appris que mon ancêtre était un « élève moyen » avec « des façons un peu rudes », qu’il avait « peu de mémoire » et une « force médiocre », mais qu’heureusement, il était « honnête » ! Il avait donc peut-être quand même quelques qualités.
Fonds de l’inspection académique
Inspection académique
L’inspection académique était le service chargé de surveiller et d’administrer l’enseignement public au niveau d’un département. Elle veillait notamment au fonctionnement des écoles et à l’application des règlements scolaires.
Les fonds de l’inspection académique sont conservés en série T aux archives départementales.
Ils permettent de reconstituer la carrière d’un instituteur grâce à différents registres :
- les états des instituteurs et des institutrices,
- les registres de nomination d’instituteurs et de demandes de mutation,
- les tables alphabétiques des instituteurs communaux,
- les dossiers d’instituteurs et d’institutrices.
Etats des instituteurs et des institutrices
Les états des instituteurs et des institutrices recensent l’ensemble des enseignants d’un département :
Les états des instituteurs contiennent de nombreuses données sur le parcours d’un enseignant :
- les diplômes obtenus : date, lieu, nature (brevet élémentaire, brevet supérieur, certificat d’aptitude pédagogique),
- la date de sa titularisation,
- ses différents postes : commune, type d’école (communale, privée, élémentaire, supérieure, laïque, congréganiste…), date de la nomination,
- le montant de son traitement,
- diverses observations : « en congé d’un an (appelé sous les drapeaux) », « mention honorable accordée », etc.
Ces registres permettent donc de reconstituer la totalité de la carrière d’un instituteur ou d’une institutrice.
Remarques :
- lors des recherches, les instituteurs sont classés soit par ordre alphabétique de leur nom, soit par ordre alphabétique des communes (1 double page pour chaque commune) ;
- certains services d’archives ont commencé à numériser ces registres : c’est notamment le cas des Archives départementales de la Haute-Vienne.
Nominations des instituteurs
Les archives de l’inspection académique contiennent tout d’abord des registres de nomination d’instituteurs qui permettent de retrouver les différentes affectations d’un instituteur au cours de sa carrière :
On y retrouve :
- l’état civil de l’instituteur : nom, prénom, date et lieu de naissance, statut marital,
- l’ancien poste : commune de l’ancienne école et nombre d’années dans le poste,
- le nouveau poste : commune de la nouvelle école,
- la raison de la mutation.
Ces registres de nomination peuvent donc être consultés quand les états nominatifs des instituteurs n’ont pas été conservés.
De plus, ils ont l’avantage de donner la raison des différentes mutations d’un enseignant.
En effet, une demande de mutation pouvait être formulée, non seulement par l’instituteur, mais aussi par le maire de la commune :
- quand la demande était faite par l’instituteur, c’était généralement pour des raisons de famille ou de santé ;
- quand la demande était faite par le maire, c’était le plus souvent une mauvaise conduite qui était invoquée, ou encore une mauvaise entente avec le maire ou le curé.
Autrefois, le maire et le curé d’une commune avaient donc un vrai pouvoir sur l’instituteur.
Dans le cas de mon ancêtre Désiré Nicolas Perbal, les états nominatifs n’ont pas été conservés par les Archives départementales. Ce sont donc les registres de nomination qui m’ont permis de reconstituer sa carrière d’instituteur et de connaître les causes de ses mutations.
Par exemple, en 1865, mon ancêtre a fait une demande de mutation alors qu’il était en poste dans la commune de Guélange.
Dans sa demande, il a fait valoir qu’il venait de se marier et qu’ « il ne pouvait s’installer avec sa femme à Guélange, où le local était trop exigu et très mal sain ». Ainsi, le 27 octobre 1865, il a obtenu une nouvelle affectation à l’école d’Abbéville-lès-Conflans.
Tables alphabétiques des instituteurs
Les archives de l’inspection académique peuvent également contenir des tables alphabétiques des instituteurs communaux :
Ces tables alphabétiques donnent assez peu d’informations sur un instituteur : généralement, il s’agit juste de la liste des écoles successives où il a enseigné.
Ces tables sont donc surtout utiles si les états nominatifs et les registres de nomination n’ont pas été conservés.
Dossiers de carrière des instituteurs
Enfin, les archives de l’inspection académique contiennent des dossiers de carrière d’instituteurs et d’institutrices.
Le contenu de ces dossiers est très variable selon les années et les académies, mais généralement, on y retrouve :
- la liste des diplômes et des certificats obtenus,
- les postes et les échelons occupés au cours de la carrière,
- les interruptions de service,
- les rapports et les observations de l’inspecteur,
- des correspondances entre administrations,
- des lettres écrites par l’instituteur : demandes de mutation, demandes de congé…
- des mentions de récompenses ou de médailles : palmes académiques, médaille de l’enseignement, médaille de la mutualité, etc.
- et encore beaucoup d’autres documents : justificatifs médicaux, etc.
De façon générale, plus on remonte dans le temps, plus le dossier est mince. Parfois également, les dossiers n’ont pas été conservés : c’était d’ailleurs le cas pour mon ancêtre Désiré Nicolas Perbal.
Important : lors de la recherche d’un dossier de carrière, il faut généralement rechercher les institutrices mariées sous leur nom d’épouse.
Voilà qui conclut la première partie de cet article.
Nous avons appris utiliser les archives des écoles normales et de l’inspection académique. Cependant, il existe d’autres fonds pour retracer le parcours de nos ancêtres instituteurs et institutrices :
- les registres des brevets de capacité,
- les archives des écoles primaires communales,
- les annuaires administratifs, les délibérations municipales, la presse ancienne, etc.
C’est ce que nous verrons dans la deuxième partie, qui sera publiée dans quelques semaines.
Elise
Et vous ? Avez-vous des ancêtres instituteurs ou institutrices ? Les avez-vous déjà recherchés dans ces archives ?





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