Enquête sur la piste d’un ancêtre cheminot

Monet-Gare-Saint-Lazare-CheminotLors du Salon de Généalogie organisé par la mairie du XVème arrondissement de Paris, j’ai eu l’occasion d’assister à une conférence d’Henry Dropsy (président du Cercle généalogique des cheminots) sur les sources utiles pour rechercher ses ancêtres cheminots.

Cette conférence m’a donné de nouvelles pistes pour faire des recherche sur la carrière de cheminot de l’un de mes arrières-grands-pères, Jean Marie Cantat.

Jean Marie Cantat est né en 1896 dans l’Allier et s’est marié en 1924, à côté de Longwy, tout au nord de la Meurthe et Moselle, à près de 500 km de son village natal. Il était alors employé des chemins de fer à Longwy. Entre sa naissance et son mariage, il reste de nombreuses zones d’ombre, et une question principale : qu’est-ce qui l’a poussé à quitter l’Allier pour s’installer en Lorraine ? Est-ce son travail ?

Grâce aux résidences successives notées sur sa fiche de matricule militaire, je sais que Jean-Marie Cantat vivait en Lorraine au moins à partir de mai 1921.

Localités successives habitées par Jean Marie Cantat selon sa fiche de matricule militaire (source : AD Allier - cote 1 R 906)

Localités successives habitées par Jean Marie Cantat selon sa fiche de matricule militaire (source : AD Allier – cote 1 R 906)

Mais sa fiche de matricule militaire donne un autre indice qui laisse supposer qu’il aurait pu vivre en Lorraine même avant cette date. En effet, Jean-Marie Cantat aurait dû être recruté, comme tous les jeunes gens de la classe 1916, au cours de la Première Guerre Mondiale. Or, sa fiche matricule stipule qu’il n’a pas pu être recensé en temps utile « par suite d’un cas de force majeure ».

Cette mention est assez étonnante car elle n’est généralement utilisée que pour les jeunes gens qui étaient en territoire occupé au moment de leur appel sous les drapeaux, et qui n’ont donc pas pu être recensés par l’administration française. Or, en avril 1915, au moment où il aurait dû être recruté, seuls le Nord et le Nord-Est de la France étaient sous occupation allemande.

L’hypothèse la plus vraisemblable est donc que Jean Marie vivait déjà en Lorraine au moment où la guerre a été déclarée, et qu’une fois le territoire occupé, il a été obligé d’y rester.

Cela nous donne une meilleure idée du moment auquel Jean Marie Cantat a quitté son Auvergne natale pour rejoindre la Lorraine, mais nous n’en connaissons toujours pas la raison.

C’est pour cela que j’ai été particulièrement intéressée par les pistes présentées par Henry Dropsy pour retracer la carrière d’un cheminot.

Parmi ces pistes, j’ai découvert l’existence du Centre des archives multirégional SNCF de Béziers, qui conserve les dossiers du personnel de la SNCF et des anciennes compagnies de chemins de fer. Les archives de ce centre sont principalement des dossiers de pension et des dossiers de carrière.

Ne pouvant me rendre à Béziers, j’ai envoyé un mail à ce centre d’archives afin de savoir s’ils conservaient un dossier au nom de mon ancêtre. Après réception de mon mail, les archives m’ont envoyé un numéro de recherche ainsi qu’un formulaire à remplir afin de leur fournir toutes les informations nécessaires à la recherche :

  • la nature de la recherche (administrative, généalogique, etc.) ;
  • les motivations qui nous poussent à faire cette recherche et les informations que l’on espère y trouver (état civil, carrière, accident du travail, etc.) ;
  • les noms et prénoms des cheminots recherchés (le formulaire permettant de faire une demande de recherche pour 5 cheminots) ;
  • leurs dates et lieux de naissance et de décès ;
  • les autres renseignements éventuels connus sur leur carrière ;
  • les noms, prénoms, naissances et décès de leurs conjoints ou du dernier bénéficiaire de la pension de retraite.

Un peu moins de 3 semaines plus tard, j’ai reçu une réponse du centre d’archives de Béziers qui m’adressait le seul document trouvé au nom de mon arrière-grand-père : un document émanant de la Caisse de la Prévoyance et de Retraite de la Compagnie de l’Est.

Il s’agit d’un document visant à rembourser à la veuve de mon arrière-grand-père les cotisations que celui-ci avait versées à la Caisse des Retraites au cours de sa carrière. En effet, Jean Marie Cantat est décédé à 35 ans en 1931, alors qu’il était encore en activité. Ces cotisations de retraite ne pouvant lui servir, elles ont donc été reversées à sa veuve.

Extrait du document de remboursement des cotisations à la Caisse des Retraites

Extrait d’un document concernant le remboursement des cotisations à la Caisse des Retraites (source : Archives SNCF Béziers)

Ce document de 3 pages, purement administratif, peut sembler d’un intérêt assez limité d’un point de vue généalogique, mais il m’a toutefois permis d’apprendre plusieurs informations intéressantes sur mon arrière-grand-père :

  • je sais désormais quelle était sa fonction à la Compagnie de l’Est : il était conducteur affecté au service Exploitation, ce qui est un peu plus précis que la simple mention d’employé des chemins de fer des actes d’état civil ;
  • j’ai la confirmation qu’il n’est pas décédé dans un accident de travail, grâce à la mention « décédé HS » (hors service) figurant sur cette fiche ;
  • j’ai découvert qu’il est entré à la Compagnie de l’Est le 2 décembre 1921 et qu’il a été commissionné le 23 décembre 1922 (date à laquelle il a commencé à verser des cotisations à la Caisse des Retraites).

Grâce à ce document, je sais désormais que Jean Marie Cantat n’a commencé à travailler à la Compagnie de l’Est qu’en décembre 1921, soit plusieurs années après avoir quitter l’Allier. Ce n’est donc pas son travail de cheminot qui l’a poussé à s’installer en Lorraine.

L’enquête reste donc ouverte, mais la découverte des archives du personnel de la SNCF à Béziers m’a d’ores et déjà permis d’en savoir plus sur la carrière de cheminot de mon arrière-grand-père et de combler quelques zones d’ombre à son sujet.

Et vous, avez-vous des ancêtres qui étaient cheminots ? Avez-vous déjà fait des recherches sur leur carrière ?

Elise



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