3 étapes pour raconter la vie d’un ancêtre Invisible

Ancetres-Invisibles-Histoire-familiale-GenealogieDans le cadre de la rédaction de mon histoire familiale, j’ai choisi de me pencher sur la vie des « Invisibles » de mon arbre : ces ancêtres qui ont eu une vie tout à fait ordinaire et qui n’ont laissé leurs traces que dans quelques actes d’Etat Civil ou des registres paroissiaux.

Dans mon article précédent, je vous ai raconté la vie de mon ancêtre Jean CANTAT, simple métayer de l’Allier au XIXème siècle. Raconter la vie de cet ancêtre était pour moi un défi, car je ne dispose à son sujet que d’actes d’Etat Civil et de recensements et je n’avais initialement aucune représentation de ce à quoi avait pu ressembler sa vie.

Mon travail de recherche et de rédaction sur la vie de cet ancêtre Invisible s’est déroulé en 3 étapes :

  • mettre en place la trame de sa vie, à partir des éléments « généalogiques » connus à son sujet ;
  • comprendre l’environnement de sa vie, à partir de recherches sur son métier et ses lieux de vie ;
  • ajouter des « touches de couleur » au récit, à partir d’informations et d’anecdotes glanées au fil de mes recherches.

1. Mettre en place la trame de vie

Avant de se lancer dans la rédaction, il est nécessaire d’avoir une bonne vue d’ensemble du déroulement de la vie d’un ancêtre et des principaux évènements qu’il a vécu.

Pour cela, j’ai commencé par établir une ligne de vie par couple pour Jean CANTAT et sa femme, à partir des quelques informations « généalogiques » que je possède à leur sujet :

  • leurs actes de naissance, mariage et décès ;
  • tous les actes d’état civil concernant leur famille proche entre 1810 et 1865 (naissances, mariages et décès de leurs parents, de leurs frères et sœurs et de leurs enfants) ;
  • les recensements des communes de Chapeau, Thiel et Mercy de 1836 à 1861.

Grâce à ce travail, j’ai pu mettre en évidence leurs différents lieux de vie, leur environnement familial et les différents métiers qu’ils ont exercés au cours de leur vie.

J’ai également mis en place une « ligne de vie par lignée » qui m’a permis de mettre en parallèle la vie de mon ancêtre avec celle de ses ascendants et de ses enfants. Ainsi, j’ai pu mieux comprendre comment était la vie de ses parents avant sa naissance et celle de ses enfants après son décès.

Ligne de vie par lignée

Ligne de vie par lignée

J’ai ensuite réalisé une cartographie des lieux de vie de mon ancêtre pour mettre en évidence ses différents déménagements, tout en essayant de reconstituer à chaque fois la composition de la maisonnée. Plusieurs familles étaient en effet souvent réunies sous le même toit.

Etablir la trame de vie d’un ancêtre est essentiel pour comprendre le déroulement de sa vie. Une fois cette trame réalisée, il faut alors comprendre l’environnement dans lequel notre ancêtre a vécu.

2. Comprendre et intégrer l’environnement de sa vie

Pour reconstituer l’environnement de la vie de mon ancêtre, j’ai effectué des recherches sur son métier et sur les conditions de vie à l’époque dans sa région.

Le métier de métayer étant très courant à cette époque dans l’Allier, j’ai pu retrouver facilement des informations sur la vie paysanne dans la campagne bourbonnaise.

J’ai également été aidée par un roman découvert au fil de mes recherches : « La Vie d’un Simple » d’Emile GUILLAUMIN. Ce roman raconte précisément la vie d’un métayer au XIXème siècle, dans un canton de l’Allier proche de celui où vivait mon ancêtre.

Bien qu’il s’agisse d’un roman (certes très inspiré de la vie d’un voisin de l’auteur), ce livre m’a permis de me faire une bien meilleure représentation des conditions de vie d’un métayer au XIXème siècle. Ainsi, j’ai pu imaginer à quoi ressemblait la vie dans une métairie quand plusieurs familles vivaient sous le même toit, et j’ai mieux compris les relations entre un métayer et son patron.

J’y ai également découvert que les enfants de métayers devaient contribuer aux travaux de la ferme dès l’âge de 6 ou 7 ans, en gardant les troupeaux. Sachant que mon ancêtre n’a jamais appris à écrire (il ne sait pas signer) et qu’il était l’unique survivant de ses frères et sœurs, j’ai pu en déduire qu’il n’avait sûrement pas échappé à la règle et qu’il avait certainement commencé à travailler dès son plus jeune âge.

A ce stade du travail, je possédais toutes les informations nécessaires pour raconter la vie de mon ancêtre métayer dans son environnement social et géographique. Toutefois, il est intéressant de rendre le récit plus vivant et d’affiner le portrait de notre ancêtre, en ajoutant des « touches de couleur » dans le récit.

3. Ajouter de la couleur au récit

Ces touches de couleur peuvent être issues des recherches précédentes ou provenir de recherches complémentaires. Dans tous les cas, il s’agit d’éléments qui n’ont pas de rôle majeur dans le récit : ils peuvent être retirés sans ôter de sens au récit.

Pour le récit de la vie de Jean CANTAT, je me suis appuyée sur les éléments suivants :

  • l’histoire locale : dans ce cas, il s’agit principalement d’éléments sur l’histoire des lieux où ont vécu mes ancêtres. J’ai découvert, grâce à des ressources de Gallica, que les domaines où ils ont vécu faisaient parti d’un ancien fief, et qu’ils avaient été rachetés par un grand propriétaire local au moment où ma famille y vivait.
  • les métiers : mes recherches sur le métier de métayer m’ont permis d’ajouter quelques éléments à mon récit pour décrire le métier de mon ancêtre et les implications sur sa vie quotidienne. J’aurais même pu développer plus ce point. Mais sachant que mon ancêtre Jean CANTAT descend de toute une lignée de métayer, les occasions de parler de ce métier dans mon histoire familiale ne manqueront pas !
  • l’habitat traditionnel local : dans l’Allier, les métayers vivaient généralement soit dans des domaines, soit dans des locateries et mon ancêtre a eu l’occasion de vivre dans les deux au cours de sa vie. Je me suis donc intéressée d’un peu plus près à ces habitats. Pour cela, je me suis appuyée en partie sur le site du CAUE de l’Allier qui proposent des dossiers thématiques sur l’architecture rurale.
  • les évènements météorologiques : il est souvent difficile de retrouver des informations précises sur les évènements météorologiques locaux. En lisant « la Vie d’un Simple », j’ai néanmoins découvert que l’Allier avait été touché par de violents orages de grêle en juin 1861. Après quelques recherches (sur Gallica notamment), j’ai pu constater que 82 communes de l’Allier avaient été touchées et avaient subi des pertes considérables (destruction de récoltes et de maisons). Toutefois, ne sachant pas précisément si mes ancêtres ont été touchés directement par ces évènements, je ne les ai évoqués dans mon récit que sous forme d’hypothèses.

Les ressources qui peuvent être utilisées pour mettre de la couleur dans son histoire familiale sont nombreuses et très variées. Je pense d’ailleurs leur consacrer un article à part entière très prochainement.

J’espère que cet article vous a intéressé et qu’il vous a apporté de nouvelles idées pour raconter l’histoire de vos ancêtres. Tous vos commentaires sont les bienvenus.

Elise

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>