Parcours d’un soldat pendant la Guerre de 1870

Guerre-1870-combatsDans ma dernière vidéo, j’ai évoqué les nombreuses conséquences de la guerre de 1870 sur la vie de nos ancêtres. Au cours de cette année, j’ai donc décidé de publier différents articles retraçant le parcours de plusieurs de mes ancêtres, tant civils que militaires, pendant cette période.

Pour commencer, je me suis intéressée aux parcours militaires de mes ancêtres. En 1870, presque tous mes ancêtres directs étaient soit trop jeunes pour être mobilisés, soit déjà mariés avec des enfants. Mon arrière-arrière-grand-père Eugène Emile Grandsire est le seul de mes ancêtres directs à avoir été mobilisé dans l’armée pendant la guerre de 1870.

J’ai donc cherché à reconstituer son parcours pendant cette période.

Enfance et recrutement par l’armée

Eugène Emile Grandsire est né à Rouen en 1849 et y a passé toute son enfance, dans les quartiers pauvres et insalubres du centre-ville. A ses 20 ans, il y travaille comme tanneur. Un métier familial qu’il a probablement appris avec son père, décédé accidentellement quelques années plus tôt.

Eugène Emile est donc recruté à Rouen avec la classe 1869. Après les opérations de tirage au sort, il tire le n°39, un « mauvais » numéro, et il est donc appelé à faire partie du contingent.

Il demande alors à être exempté pour « faiblesse et mauvaises dents ». Avoir de mauvaises dents était en effet un motif d’exemption puisqu’il n’était alors pas possible aux soldats de sortir les munitions de leurs étuis. Le conseil de révision le juge toutefois apte au service.

Il doit donc effectuer 5 ans de service militaire dans l’armée active. Il est affecté au 1er Régiment du Train des Equipages le 10 août 1870.

Extrait des registres de contrôles de troupes du 1er Régiment du Train des Equipages militaires (source : Service Historique de la Défense)

Extrait des registres de contrôles de troupes du 1er Régiment du Train des Equipages militaires (source : Service Historique de la Défense)

A ce moment-là, la guerre vient d’être déclarée et les premiers combats ont déjà eu lieu dans l’Est de la France.

Il n’est toutefois pas envoyé combattre immédiatement. Il débute vraisemblablement son service par une période d’instruction. Selon sa fiche matricule, il participe en effet à la Campagne contre l’Allemagne à partir du 29 novembre 1870 seulement.

Parcours pendant la Guerre de 1870

Uniforme d'un sous-officier du train des équipages militaires vers 1860 (source : Service Historique de la Défense)

Uniforme d’un sous-officier du train des équipages militaires vers 1860 (source : Service Historique de la Défense)

Pendant la guerre de 1870, l’un des rôles principaux du train des équipages était de transporter les blessés et les malades, et également de d’assurer l’approvisionnement des troupes en vivres.

Des détachements du train ont ainsi été envoyés dans les différentes places fortes, qui se sont pour la plupart, retrouvées assiégées. Les soldats du train participaient alors à la défense et faisait le service d’artillerie. Lors du siège de Paris, ils avaient également pour mission de ravitailler les forts.

Il est toutefois difficile de savoir quel a été le parcours exact d’Eugène Emile Grandsire pendant la guerre. En effet, les régiments du train ne restaient pas groupés, et tous les soldats d’un même régiment n’étaient pas envoyés au même endroit. Les registres de contrôles de troupes consultés au Service Historique de la Défense me permettent de savoir qu’il était affecté à la 4ème Compagnie, mais les historiques régimentaires ne sont pas assez précis pour connaître son parcours.

En novembre 1870, certains soldats du 1er Régiment du Train des Equipages étaient en captivité après avoir été faits prisonniers à Sedan, tandis que d’autres restaient dans les villes assiégées (à Paris et dans différentes places fortes de l’Est de la France, comme Bitche, entre autres). Les soldats restants, et les nouvelles recrues, ont alors été envoyés rejoindre les différentes armées constituées à l’automne 1870 (notamment les armées de la Loire, de l’Est ou du Nord).

Compte tenu de ses dates de mobilisation et du fait qu’il ait été recruté à Rouen, il est très probable qu’Eugène Emile Grandsire ait alors été affecté à l’armée qui était chargée de la défense de Rouen.

Il a donc peut-être participé aux combats précédant l’occupation de Rouen au début du mois de décembre 1870, en particulier les combats d’Etrépagny et de Buchy, puis au repli de cette armée vers le Havre.

Malheureusement, les sources ne permettent pas de le confirmer, ni de savoir où il a passé le reste de la guerre, si tel est le cas. Il est probable qu’il soit alors resté affecté à la défense du Havre, mais il pourrait également avoir rejoint l’Armée de la Loire.

Après la capitulation de Paris, fin janvier 1871, puis la signature du traité préliminaire de paix le 26 février, les différentes armées sont congédiées au début du mois de mars.

Fin de service militaire

Eugène Emile Grandsire termine ainsi la campagne contre l’Allemagne le 7 mars 1871. Mais ce n’est pas encore la fin de ses campagnes.

En effet, le 30 avril 1871, son régiment est envoyé à Lyon pour rétablir l’ordre dans le cadre de la Commune de Lyon. Il ne reste alors des barricades que dans le quartier de la Guillotière, et les derniers manifestants sont dispersés le soir même.

Le 1er Régiment du Train des Equipages est alors envoyé vers Paris, où la Commune a également été déclarée. Il participe alors à la Campagne de Paris du 10 au 28 mai 1871.

Ainsi, à l’été 1871, après une année difficile sous les drapeaux, Eugène Emile Grandsire a encore 4 ans de service à accomplir. Le 4 mars 1872, il change de régiment et rejoint le 1er Régiment de Cuirassiers.

En octobre 1873, le 1er Régiment de Cuirassiers est envoyé caserner à Commercy pour protéger la frontière de l’Est après l’évacuation des troupes prussiennes.

Caserne de Commercy

Caserne de Commercy

C’est donc à Commercy qu’Eugène Emile Grandsire termine son service militaire. Et c’est aussi là qu’il rencontre sa première épouse. Après le décès de celle-ci, il reste toutefois dans la Meuse, où il rencontre sa seconde épouse (mon arrière-arrière-grand-mère Sophie Martin dont j’ai évoqué la vie dans deux articles).

Et vous, avez-vous des ancêtres qui ont été mobilisés pendant la guerre de 1870 ? Connaissez-vous leur parcours ?

Elise



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