Parcours d’une ancêtre venue de Belgique
Dans cet article, nous allons voir comment j’ai pu reconstituer le parcours d’une de mes ancêtres venues de Belgique à la fin du 18ème siècle, en utilisant les Archives de Belgique en ligne.
Une ancêtre venue de Belgique
Thérèse Put est apparue pour la première fois dans ma généalogie comme la mère de mon ancêtre Marie Catherine Hague, née en 1781 à Saint Arnoult, en Normandie.
Je ne parvenais pas à retrouver son acte de naissance, ou même, son acte de mariage avec Pierre Hague, le père de mon ancêtre. Par ailleurs, son acte de décès ne donnait aucune information sur ses origines.
Grâce à des recherches sur Geneanet, j’ai appris que le nom « Put » était très peu porté en France, et qu’il était beaucoup plus courant en Belgique et aux Pays-Bas.
Le nom « Put » se retrouve alors sous la forme « Van der Put », ou encore, sous la forme « Depuydt ». Mon ancêtre Thérèse Put était donc certainement belge ou hollandaise.
Quand les Archives de Belgique ont mis en ligne leurs registres, j’ai pu retrouver l’acte de mariage de mon ancêtre Thérèse Put, ainsi que son lieu de naissance et les noms de ses parents. J’ai aussi découvert que son vrai nom était Jeanne Thérèse Depuydt.
A partir de là, j’ai pu retrouver son acte de naissance, les actes des membres de sa famille et reconstituer sa vie.
Une enfance flamande
Jeanne Thérèse Depuydt naît le 11 avril 1750 à Beveren aan den Ijzer, une commune située dans l’actuelle province de Flandre-Occidentale, près de la frontière française.
Elle est la troisième d’une famille de 10 enfants, et ses parents sont tous les deux flamands :
- sa mère, Jeanne Thérèse Trakoen, est également originaire de Beveren,
- son père, Jean Baptiste Depuydt, vient de Wijtschate, une commune éloignée de près de 30 km de Beveren.
Les deux paroisses de Beveren et Wijtschate appartiennent au Comté de Flandre qui fait alors partie des Pays-Bas autrichiens. Jeanne Thérèse Depuydt et sa famille parlent donc certainement flamand.
Après quelques années à Beveren, la famille Depuydt s’installe à Roesbrugge-Haringe, à quelques kilomètres de là, le long de la frontière avec le Royaume de France.
A la naissance de Jeanne Thérèse, les Pays-Bas autrichiens sortent de la guerre de succession d’Autriche pendant laquelle ils ont été occupés par la France (de 1744 à 1748).
Toutefois, l’enfance de Jeanne Thérèse se déroule pendant une période plutôt paisible, sous le règne de Marie Thérèse d’Autriche. C’est également une période de redressement économique pour les Pays-Bas autrichiens, après les pertes subies pendant les guerres.
Je n’ai pas retrouvé de mention des professions de ses parents, mais la famille semble être de condition assez pauvre, et ils sont certainement peu instruits.
En effet, dans les différents actes concernant les membres de la famille, ceux-ci ne savent généralement pas signer. Jeanne Thérèse n’a donc vraisemblablement jamais reçu d’instruction ou appris à écrire.
Vers 1770, la famille Depuydt part s’installer à Wijtschate, la commune d’origine de Jean Baptiste Depuydt.
Un mariage in extremis
C’est donc probablement à Wijtschate que Jeanne Thérèse Depuydt, alors âgée d’une vingtaine d’années, rencontre son futur mari, Pierre Hague. Toutefois, les conditions dans lesquelles ils se sont rencontrés restent un mystère.
En effet, celui-ci est originaire de Saint Arnoult, un petit village proche de Caudebec-en-Caux, dans les boucles de la Seine, et éloigné de plus de 200 km de Wijtschate.
Est-ce son travail comme bûcheron qui l’a mené dans les Flandres ? C’est possible, car les métiers du bois amenaient souvent les travailleurs à se déplacer sur de nombreux kilomètres.
Jeanne Thérèse Depuydt et Pierre Hague se marient le 28 février 1775 à Wijtschate. Pour se marier, ils obtiennent une dispense de publication de deux bans (sur les trois normalement prévus).
Ce type de dispense est assez courant dans le cas de mariages « urgents », ce qui semble être le cas ici. En effet, leur premier enfant naît le 1er mars 1775, à midi, soit le lendemain même de leur mariage !
Après leur mariage et la naissance de leur fils, Jeanne Thérèse Depuydt suit son mari pour s’installer avec lui à Saint Arnoult. Je ne sais toutefois pas à quel moment ils sont partis. Peut-être ont-ils attendu un peu, car c’était un voyage particulièrement long à effectuer avec un nourrisson.
En effet, pour effectuer le voyage vers Saint Arnoult, il faut environ 50 heures de marche, soit plus de 6 jours de marche, à raison de 8h par jour. Et cela, à condition de marcher d’un bon pas.
Quoi qu’il en soit, leur fils a survécu à ce long voyage, car j’ai retrouvé sa trace en Normandie quelques années plus tard.
Deux ans plus tard, en mars 1777, ils sont bien installés en Normandie, où nait leur deuxième enfant, une fille. Par la suite, ils donnent encore naissance à 3 autres filles, avant que Pierre Hague ne décède en 1785.
A l’âge de 35 ans, Jeanne Thérèse s’est donc retrouvée seule, avec 4 enfants à sa charge, loin de sa famille et de sa Flandre natale.
Compte tenu des moyens de communication de l’époque et de l’illettrisme, Jeanne Thérèse Depuydt n’a vraisemblablement pas pu garder contact avec les membres de sa famille. En effet, à part elle, ils sont tous restés en Flandre ou dans les environs.
Elise



