Quand la légende familiale est fausse
Aujourd’hui, nous allons parler des légendes familiales et plus particulièrement du cas où les archives contredisent un légende de famille.
Dans toutes les familles, il y a des petites histoires qui se transmettent.
Parfois, ces histoires concernent le lieu d’origine de lointains ancêtres et parfois aussi, ce sont de petites anecdotes au sujet de la vie d’un arrière-grand-parent.
Il y a quelques années, j’ai emménagé en Champagne, et j’ai trouvé un logement dans la petite commune de Montmort-Lucy, juste à côté du château du village.
Le logement était situé dans la maison de droite sur la photo, et cette maison abritait autrefois les écuries du château.
Quelques semaines après mon emménagement, j’ai revu ma tante qui habitait dans les environs. Elle m’a révélé que mon emménagement dans cette maison était une sacrée coïncidence.
En effet, mon arrière-arrière-grand-mère avait travaillé comme blanchisseuse précisément dans ce château.
De plus, sa fille (mon arrière-grand-mère) avait également fait sa communion avec la fille des propriétaires du château. A cette occasion, ceux-ci lui avaient offert un cadeau : un beau chapelet de communion dans un petit coffret en bois.
J’ai donc voulu en savoir plus sur cette anecdote et j’ai commencé des recherches dans les archives.
Ce que je voulais surtout savoir, c’était qui était la fille du château avec laquelle mon arrière-grand-mère avait fait sa communion.
A l’époque, la première communion se faisait vers l’âge de 12 ans. Comme mon arrière-grand-mère est née en 1895, elle avait donc dû faire sa communion en 1907 ou 1908.
Or, à ce moment-là, le château de Montmort-Lucy appartenait à la famille Crombez de Montmort. Les parents, Auguste Crombez et Geneviève de Remond de Montmort avaient 3 enfants :
- Marie Madeleine, née en 1875,
- Raymond, né en 1879,
- Suzanne, née en 1883.
En 1907, l’aînée Marie Madeleine avait donc 32 ans, et sa cadette Suzanne en avait 24.
Les deux filles du château étaient donc bien trop âgées pour avoir fait leur communion en même temps que mon arrière-grand-mère. D’ailleurs, elles étaient déjà mariées toutes les deux en 1907.
J’ai donc cherché s’il pouvait s’agir d’une petite-fille de la famille Crombez, mais là encore, les dates ne collaient pas.
En effet, toutes les filles de cette génération étaient trop jeunes pour avoir fait leur communion avec mon arrière-grand-mère. La plus âgée d’entre elles était d’ailleurs née en 1904 : il n’est donc pas possible qu’elle ait fait sa communion en 1907, à l’âge de 3 ans.
Il est donc impossible que mon arrière-grand-mère ait fait sa communion avec une fille des propriétaires du château. C’est donc un de ces cas où la légende familiale est fausse.
La question qui se pose alors est : d’où vient cette légende ? Comment expliquer l’apparition de cette histoire fausse ?
Le plus probable est que deux personnes aient été confondues. Par exemple, mon arrière-grand-mère a peut-être fait sa communion avec une nièce des propriétaires du château.
Il se peut aussi qu’une des filles du château ait remis un cadeau à mon arrière-grand-mère au moment de sa communion, sans toutefois la faire avec elle.
A titre personnel, j’aurais bien sûr préféré que cette légende familiale soit vraie. Mais en tant que généalogistes, notre devoir n’est pas de raconter de belles histoires.
Rendre hommage à nos ancêtres, c’est avant tout reconstituer le déroulement de leurs vies de façon exacte. Parfois, cela peut mener au constat qu’une belle légende familiale n’est pas vraie.
Mais au final, le mystère qui entoure une légende fausse la rend souvent encore plus intéressante.
Elise
Et vous, existe-t-il une légende dans votre famille ? Avez-vous pu faire des recherches pour la confirmer ou l’infirmer ?

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